Cornelia Rees et l’ Archimandrite Gabriel Bunce, Suisse: Nous devons retourner à nos racines!

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CONVERSIONS TO ORTHODOXY

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Cornelia Rees et l’ Archimandrite Gabriel Bunce:

Nous devons retourner à nos racines!

Il y a une quinzaine d’années, j’ai eu une occasion unique de visiter l’ermitage d’un hiéromoine et théologien catholique dans les montagnes de Suisse. Il était bien connu pour ses écrits sur les saints Pères de l’Église chrétienne, et non moins bien connu (du point de vue occidental moderne), pour son mode de vie monastique inhabituel. Quelque peu familière de l’apparence que les monastères catholiques présentent généralement aujourd’hui, je ne m’attendais pas à me sentir tellement à l’aise comme moniale orthodoxe dans son ermitage catholique.

Après avoir gravi un chemin boisé de montagne jusqu’à une petite maison dans les arbres, nous avons été accueillis par un homme âgé austère, sa barbe grise flottant sur sa soutane noire. Sa tête était couverte d’un capuchon portant une croix rouge brodée sur le front. C’était comme si nous avions été transportés dans le désert égyptien, pour voir Saint Antoine le Grand. Tandis que lui et son compagnon d’ascèse Père Raphaël nous offraient le thé, nous avons parlé de l’Église d’Orient et d’Occident, et de l’Église orthodoxe russe. Mais il n’était pas question pour eux de rejoindre cette Église, cela aurait même créé un malaise d’en parler.

Nous sentions que nous étions entrés brièvement en contact avec un moine qui était un avec nous en esprit, bien qu’il ne fût pas dans notre Eglise, et nous nous sommes quittés avec la joie de cette agréable révélation, alors que Père Gabriel faisait le signe de la Croix sur nous à la manière orthodoxe.

Père Gabriel n’a jamais eu et n’a toujours pas de communication électronique avec le monde extérieur, et nous avons très peu entendu parler de lui ou eu contact avec lui après notre visite. Néanmoins, nous ne l’avons pas oublié, et dans l’intervalle, nous n’avons jamais cessé de penser à quel point ce serait bien, s’il était en communion avec nous, les orthodoxes. Mais jamais nous n’aurions essayé d’aborder ce sujet avec lui, nous sentions en quelque sorte que Dieu le guidait comme Il l’entendait.

Père Raphaël, un suisse, est décédé depuis, et Père. Gabriel est l’higoumène et le seul moine de ce qui est maintenant le monastère de la Sainte Croix, qui fait partie de l’Eglise orthodoxe russe. Il a été baptisé orthodoxe à la veille de la Dormition de la Mère de Dieu à Moscou, en août 2010. Il est maintenant l’Archimandrite mégaloschème Gabriel. Récemment à Moscou malgré un calendrier très exigeant, Père Gabriel a quand même pris le temps de parler avec nous.

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-Père Gabriel, bien que vous ayez parlé de votre vie dans d’autres interviews, parlez-nous encore un peu de vous.

-Je vis à Roveredo, petit village d’environ 100 habitants. Mon monastère est au-dessus du village dans les bois, dans les montagnes de la région de Lugano, la partie italienne de la Suisse.

-Vous aviez été catholique depuis l’enfance?

-Oui, mais pas un catholique pratiquant toute ma vie. Mon père était luthérien, et ma mère catholique, et j’ai été baptisé catholique. Mais comme cela arrive souvent dans ces cas, aucun de mes parents ne pratiquait sa religion. Ni mon père ni ma mère n’allaient à l’église. Et moi non plus. Mais comme les jeunes gens agissent toujours à leur guise, j’ai redécouvert la foi de mon baptême. Au début, je suis allé à l’Eglise catholique, par moi-même. Mes parents ne m’ont pas encouragé, ils le toléraient seulement.

-Même votre mère?

-Elle était catholique croyante, mais en raison de son mariage avec un luthérien, elle perdit la pratique. Ce n’est que beaucoup plus tard, quand j’étais déjà moine, qu’elle est retournée à l’église et a commencé à pratiquer sa foi catholique. Mon père allait à contrecœur avec elle, au moins à Pâques ou Noël, parce qu’il ne voulait pas passer les vacances seul.

-Où êtes-vous né?

-Je suis né à Cologne, mais nous sommes partis de cette ville en raison de la guerre quand j’étais âgé de deux ans. Cette ville, vieille de près de 2000 ans, a été presque rasée. C’était comme Hiroshima. Environ quatre-vingts pour cent a été détruit, et les Américains ont même suggéré qu’elle soit reconstruite ailleurs: il semblait inutile d’essayer de reconstruire sur ces cendres. Mais les gens étaient très attachés à leur ville; la grande cathédrale était encore debout, bien que fortement endommagée. Les douze églises romanes [1] étaient terriblement endommagées aussi. Pendant dix ans, nous n’avons pas vécu à Cologne, mais dans une petite ville à la campagne. C’est seulement en Lire la suite